Animosity Tome 1, la critique

Récit post-apocalyptique d’un nouveau genre, il propose une vision non-manichéenne de l’acceptation de l’autre.

ANIMOSITY TOME 1

Par Marguerite Bennett, Rafael De Latorre et Rob Schawger.
Broché 120 pages • Snorgleux Comics
16€50

L’éditeur marseillais Snorgleux Comics n’est pas à son premier coup d’essai mais, avec Animosity – et American Monster sorti en même temps, il fait parler de lui en publiant en France les œuvres de l’éditeur indépendant AfterShock Comics connu pour son éditeur-en-chef, Mike Marts responsable en tant qu’éditeur de grandes histoires des X-Men et de Batman. Mais, l’intérêt de Animosity n’est pas vraiment son éditeur mais bel et bien son histoire et le message qu’il véhicule.

Un jour comme les autres, un phénomène touche le monde entier : les animaux prennent conscience et peuvent penser et s’exprimer comme les humains. Forcément, cela fout un peu le bordel surtout lorsque certains animaux décident de se venger de ce que les humains leur ont fait subir. L’histoire s’intéresse à une jeune fille qui a une vie tout à normal avec ses parents et son chien Sandor. Mais le réveil de conscience des animaux va la retirer de son foyer et l’emmener à arpenter tout le pays dévasté par les événements.

Dessins de Rafael De Latorre et Rob Schwager.

Clairement, il y a quelque chose de The Walking Dead dans Animosity, ce n’est pas pour autant un copier-coller mais on en retrouve la formule non-manichéenne de cette société dévastée par un cataclysme. Mais, l’oeuvre de Marguerite Bennett et Rafael De Latorre a pour elle un sujet jamais exploité auparavant. C’est une véritable prise de risque qui risque de ne pas satisfaire tous les lecteurs mais, l’histoire ne se termine pas à la fin de ce premier tome laissant de nombreuses possibilités de sujet à aborder par la suite.

Pour le moment, la scénariste s’arrête aux fondations : la découverte du fameux « réveil » et comment le monde évolue par la suite en utilisant une ellipse temporelle. Si le contexte est intriguant, ce sont les personnages qui font le récit, chacun allant de son expérience. Bennett donne aux animaux des voix d’humains afin de faire comprendre au lecteur l’horreur – mais pas que – que l’homme peut leur faire subir sans s’en rendre compte.

Animosity est bel et bien une oeuvre en faveur de la tolérance et l’acceptation de l’autre. Ce réveil est une hyperbole très forte – et bien foutue – de notre société axée uniquement sur une catégorie de personnes et ne pensant pas faire du mal aux autres. Bennett réussit ainsi un coup de maître avec une histoire originale mais efficace dans son exécution et avec des personnages attachants. En plus, elle se paye le luxe d’aborder des thèmes plutôt tabous dans la bande dessinée.

Dessins de Rafael De Latorre et Rob Schwager.

Côté dessins, De Latorre arrive à caractériser chaque personnage, humain comme animaux. Les trois premières double-pages – un peu gâchées par la reliure européenne du tome – sont un exemple de narration simple mais efficace plongeant le lecteur dans le bordel qu’est ce réveil. Son style graphique est très agréable à l’œil et sa narration est idéale pour une lecture fluide et sympathique.

Animosity a tout pour plaire même s’il y a une impression que Bennett avance trop rapidement son intrigue sans développer la situation. Un deuxième tome vient de sortir aux États-Unis et la série continue au-delà, de quoi nous laisser présager que ces manques viendront à être comblé par la suite.


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