Star Trek: Discovery, la critique des deux premiers épisodes

Ces deux premiers épisodes renouent avec l’essence même de la licence tout en la propulsant vers quelque chose de nouveau.

Depuis la fin des années 90, les séries TV se sont métamorphosées proposant des intrigues plus ambitieuses et des arcs narratifs s’étalent sur plusieurs épisodes devenant de véritables fresques que les spectateurs suivent religieusement. Ainsi, la dernière série Star Trek en date, Entreprise, n’a pas su répondre aux nouvelles attentes des spectateurs et s’est vue annulée en 2005.

Même si les fans de Star Trek ont pu se consoler depuis avec les films rebootant la franchise sur grand écran, il est évident que cela n’est pas pleinement satisfaisant puisqu’ils ne font qu’effleurer une infime partie des possibilités qu’offre l’univers de la création de Gene Roddenberry.

Mais voilà que la chaîne américaine CBS propose sur son service de vidéo à la demande, CBS All-Access, une nouvelle série, Star Trek: Discovery, qui devrait ravir tous les fans, ainsi que n’importe quel spectateur de série TV féru de science-fiction et qui ne connait pas forcément l’univers Star Trek.

© 2017 – CBS

Le show est également disponible en France le lendemain de la diffusion outre-Atlantique grâce à Netflix qui en a obtenu les droits internationaux. Vous pouvez donc le regarder en V.F. en V.O. avec les sous-titres en français ou… en klingon !

À la différence de la série de films initiés par J.J. Abrams en 2009, Star Trek: Discovery ne se passe pas dans la ligne temporelle Kelvin mais dans celle que les Trekkies connaissent depuis 1966, celle de la série TV originale. L’histoire de cette nouvelle série se déroule d’ailleurs une décennie avant cette dernière même si ce n’est pas clairement exposé dans les deux épisodes disponibles, seuls les fans hardcore le noteront notamment grâce aux références faites sur la technologie.

Sans trop en dévoiler, l’action nous emmène dans un vaisseau de Starfleet, l’USS Shenzhou, commandé par le Capitaine Philippa Georgiou (jouée par Michelle Yeoh) épaulée par son second, l’Officier Michael Burnham (Sonequa Martin-Green), une femme déterminée élevée par les Vulcains mais qui n’a jamais vraiment su faire abstraction de ses émotions. Les deux femmes se respectent et se font confiance jusqu’au jour où le vaisseau rencontre un objet Klingon lors d’une mission de routine.

© 2017 – CBS

Les trailers montraient l’importance de la race d’extra-terrestres guerriers dans l’intrigue mais, cela va plus loin que cela puisque les motivations de Burnham sont intimement liées à sa relation avec eux amenant à quelques points de rupture qui rythment ces deux épisodes.

Le show est co-produit par deux fans de Star Trek qui connaissent très bien son univers : d’un côté, Alex Kurtzman, le producteur des derniers films de la licence et de la série Lost, de l’autre Bryan Fuller le showrunner de Hannibal et American Gods, le créateur de Dead Like Me, et surtout l’un des scénaristes réguliers de Star Trek: Voyager. On retrouve d’ailleurs un peu l’esprit de ce dernier show – que j’ai adoré au passage – avec des personnages au caractère fort.

L’essence de Star Trek est complètement respectée que ça soit dans la scénographie sur le pont du vaisseau ou la manière de gérer un conflit, les fans de la licence devraient se régaler. Autant dire que j’ai adoré cet aspect surtout qu’il est modernisé avec un rythme bien pensé, des retournements de situation bien amenés, et des cliffhangers très réussis notamment celui du second épisode qui rend l’attente du troisième bien trop long.

© 2017 – CBS

Si je ne devais faire qu’un reproche, c’est qu’en connaissant un peu le pitch de la série nous voyons venir de très loin la conclusion de ces deux épisodes « pilote », surtout que certains personnages annoncés n’apparaissent pas. Ce n’est finalement pas bien grave puisque le voyage jusqu’à cette destination est fort agréable.