Love Is Love, la critique

Une anthologie de récits qui parle des LGBT avec justesse et amour et dont les bénéfices seront versés à S.O.S. Homophobie.

LOVE IS LOVE

Par Collectif
Broché 160 pages • Bliss Comics
15€00

Critiquer une anthologie d’histoires composées par autant d’auteurs et d’autrices n’est pas chose aisée puisque chacun•e a son style, sa perception de choses, ses affinités. Forcément, certaines histoires vont toucher certains lecteurs et certaines lectrices alors que d’autres pourraient les laisser insensibles. Sauf qu’avec Love Is Love, il a un message universel qui transpire à chaque page et qui rappelle que nous ne sommes jamais à l’abris de la haine des autres.

Love Is Love est sortie l’année dernière aux États-Unis créée sous l’impulsion de Marc Andreyoko, un scénariste de DC Comics et homosexuel qui voulait rendre hommage aux victimes de la tuerie homophobe d’Orlando qui s’est déroulée le 12 juin 2016. Il a alors convié des artistes de l’industrie des comics qui ont tous réalisé une histoire bénévolement afin de rendre hommage aux victimes mais aussi de soutenir la communauté LGBT face à l’horreur de l’homophobie. Les bénéfices de l’œuvre ont été reversées à des œuvres caritatives.

C’est Bliss Comics qui a eu l’idée de publier l’oeuvre en France dont les bénéfices seront versés à S.O.S. Homophobie. Mais le petit éditeur fait les choses biens puisqu’il a appelé différents auteurs et autrices afin de contribuer au livre en racontant leur propre histoire autour du sujet.

Le sujet est bien évidemment la tuerie homophobe qui a fait 49 victimes dans la boîte de nuit d’Orlando. Mais certains auteurs ont décidé d’extrapoler le sujet en parlant tout simplement de la représentation des LGBT dans notre société : ce que nous sommes ce que nous avons à offrir, ce que nous représentons, ce que nous subissons… Du coup, le contenu est très différent d’un récit à l’autre, chacun mettant de sa personne. Et, pourtant, comme je l’écrivais ci-dessus : tout va dans un même sens, celui de rappeler que nous vivons tous sur la même Terre et que ça serait plus simple si on s’aimait les uns les autres.

Forcément, il y a des récits plus efficaces que d’autres, plus touchants que d’autres, plus joyeux que d’autres… Mais tous brillent par leur intention et par le geste que chacun des auteurs et des autrices dédit à notre communauté. Et ce cadeau qu’ils et elles nous font, nous pouvons le rendre en achetant Love Is Love dont les bénéfices seront reversés à la lutte contre l’homophobie, c’est le moins que l’on puisse faire.

Afin de terminer ma critique, j’ai décidé de citer certaines des histoires qui m’ont le plus marqué dans ce livre et, imaginez qu’après cette liste non-exhaustive, je laisse un blanc en guise de minute de silence. On pense à vous, celles et ceux qui ont été touchées par la tuerie de The Pulse et toutes et tous qui ont été victimes d’homophobie et de n’importe quelle discrimination. On vous aime.

    • Paul Dini et Bill Marrison illustrent l’amour grâce au couple Harley Quinn / Poison Ivy. C’est plutôt bon enfant, mais la dernière case nous ramène au sujet du livre d’une manière belle et efficace.
    • Joshua Hale Fialkov – avec les magnifiques dessins de Gabriel Bautista – nous raconte une histoire personnelle sur sa fille et sur le regard qu’elle porte sur le monde, une vision qu’on a tendance à oublier après ce genre d’événements.
    • Daniel Beals et David LaFuente nous montrent deux familles qui réagissent à l’annonce de la tuerie devant leur enfant et comment cela vient à l’influencer.
    • Eddie Gorodetsky et Jesus Iglesias imaginent l’enfant d’une victime de l’homophobie devant vivre une nouvelle vie mais, lui, il préférerait rester avec le copain de son père.
    • Jeff Dixon et Karl Slominski représentent parfaitement le couple homosexuel et comment il doit se comporter vis-à-vis du monde extérieur. Les auteurs apportent une petite touche d’espoir en fin de page.
    • Mark Millar et Piotr Kowalski nous rappellent que les armes n’ont qu’un seul but…
    • Mark Bagder nous rappelle de manière élégante que nous devons rester unis et que les communautés existent non pas pour nous diviser mais qu’on puisse rester plus forts.
    • Brad Meltzer et Chris Eliopoulos tiennent un discours similaire dans un strip assez mignon.
    • Brian Michael Bendis, sa femme Olivia Bendis et Michael Avon Oeming font une double-page sans aucun texte sur laquelle nous voyons des gens danser, embraser la vie et s’aimer. Dans un coin de la pièce : l’horreur. C’est une vision qui me glace littéralement le sang.
    • Fernando Blanco nous montre une porte derrière laquelle un couple fait l’amour. Ce qui importe ce n’est pas qui est derrière, une femme et un homme, deux hommes ou deux femmes, mais seulement des gens qui s’aiment.
    • Ivan Reis utilise les différents Green Lantern de DC Comics pour nous montrer que la diversité nous rend plus forts.
    • James Tynion IV et Molly Know Ostertag nous ramène à la jeunesse du premier lorsqu’il sentait le besoin de vivre caché, de ne pas être lui-même en société.
    • Dan Parent nous invite à continuer de danser.
    • Gerry Duggan et Phil Noto nous montre le cœur de différentes personnes, blanches, noires, hétéro, homo, trans… Et tous ces organes sont tous identiques.
    • Katchoo et Lanna Souvanny racontent comme la première a appris la nouvelle – au cinéma et comment ce genre de nouvelles nous donne envie de dire à nos proches que nous les aimons. C’est très touchant.
    • Vincent Dedienne écrit un texte à la fois drôle et touchant sur une illustration de Marguerite Sauvage.
    • L’illustration finale de Paul Renaud montre qu’il faut pas se laisser emprisonner par leur haine.


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